brunobord
Synopsis
Roman de "cape et d'épée" moderne, à coups d'octets et de duels en réseau, de quêtes virtualo-réelles ; ils sont hackers, sysadmins, gamers... Un pour tous, tous pour un.
Excerpt
Reprenant sa folle cavalcade, désormais décoré précieux badge “VISITEUR”, Dartz entreprend l’escalade de cette montagne d’acier et de verre.
Las ! il s’égare dans le labyrinthe des étages, des couloirs et des open-spaces. Ils se ressemblent tous ! Tous abritent des hordes d’Ingénieurs plus ou moins barbus penchés sur des doubles-écrans. Tous les boxes recèlent leurs manchots en peluche, leurs lance-missiles USB, leurs posters à l’effigie de Dennis Ritchie ou Ada Lovelace.
Son manque de sens de l’orientation le met encore plus en rage, si c’était possible, et au détour d’un virage trop rapide et trop serré, il bouscule violemment un Ingénieur d’un certain âge, qui déambulait en toute quiétude dans les espaces entre les boxes.
- Hé là ! Jeune homme ! Vous croyez-vous au champ de course ?
- Ma foi, Monsieur, je ne saurais que vous dire, si ce n’est que je suis absolument confus...
- Votre confusion n’arrangera pas vos affaires. Voyez ! le laptop que je portais est tombé et je crains qu’il soit déterioré dans sa chute. Déjà il s’est arrêté tout seul, ce qui ne présage rien de bon. Mes disques sont un trésor que je veux pas perdre.
- Monsieur, je vous redis là ce que je vous ai dit. Je vous prie d’excuser ma maladresse. À présent, si vous voulez bien m’excuser, il se trouve que je suis atrocement en retard pour un rendez-vous de la plus haute importance, et je ne puis m’attarder.
- Prenez-garde, jeune freluquet ! Votre retard n’excuse en rien votre maladresse et la moindre des courtoisie serait d’attendre au moins que j’aie vérifié l’état de ce portable.
- Monsieur, je ne puis attendre, et j’en suis de nouveau confus...
- Jeune homme, peut-être que dans votre Sud-Ouest natal - si j’en crois votre accent - la politesse ne consiste qu’à dire sa confusion. Sachez que nos moeurs sont plus civilisées.
À la remarque d’AltOS, le jeune Dartz sent son sang bouillir.
- Monsieur ! Mes origines sont aussi civilisées que les vôtres et si vous pensez devoir me donner une leçon de courtoisie, je ne vois pas de meilleure occasion que d’en découdre, avec l’arme qui vous plaira.
- Eh bien soit. Vous apprendrez à vos dépend qu’il en coûte d’être un malotru - d’ici ou d’ailleurs. Rejoignez-moi à midi dans la salle de réunion qui se nomme “Carmes”, nous feraillerons en toute quiétude, soyez en sûr.
- Monsieur, vous pourrez compter sur moi. Aussi vrai que je me nomme Charles Batz.
- Mon nom est Armand Autevielle et je me fais fort de l’imprimer dans votre mémoire comme celui qui vous aura enseigné les bonnes manières.
Et Dartz, encore plus échauffé par l’altercation, reprend sa course.
